vendredi 13 novembre 2009

Awesome blogger

J'ai mis un peu de temps à réagir étant "ailleurs" depuis quelques jours, mais tout arrive.
Alors : Saravati, merci de m'avoir décerné cet "awesome blogger".
Venant de vous, j'en suis flattée, c'est clair.

A chaque tag pourtant, je me défile un peu je l'avoue. Vais-je faire pareil ?
Pour une fois, je vais essayer de jouer le jeu... mais peut-être pas jusqu'au bout.


Voilà ce qu'il fau(drai)t faire :

1. Remercier celui ou celle qui t'a attribué cette distinction.
2 & 3. Copier l'award et le poster sur son blog.
4. Dire 7 choses que les lecteurs ne savent pas sur toi.
5. & 6. Mettre le lien de 7 bloggeurs et les prévenir que je les ai distingués à leur tour.

Arf, c'est maintenant que ça se complique et demande un minimum-maximum de réflexion. Être originale sans subterfuge, plutôt drôle si possible, éviter de trébucher dans des sentiers cent fois battus, dire quelque chose tout en ne disant rien... Je ne suis pas faite pour cet exercice. Tant pis, allons-y !

Voilà donc 7 choses sur moi, ni drôles, ni originales car j'ai une méga flemme ce soir et la tête qui ressemble à un trou noir, mais que tu ne sais pas, toi qui me lis mais ne me connais pas.

1. Je fume des Lucky Strike... Trop, beaucoup trop. Pourtant, j'ai les dents blanches. Va comprendre.
2. Je ne distinguerai pas 7 bloggeurs par cet (sept) award. Et ne les préviendrai donc pas non plus. Non pas que je n'ai pas en tête d'"awesome bloggeurs". Ma tête et ma blogroll en sont pleines et de bien plus "awesome" que moi.
3. Mais je suis paradoxale au point* de ne pas aimer les chaines, de ne pas avoir envie d'y participer et en même temps d'être flattée qu'on pense à moi dans ces cas là. Drôle de paradoxe...
4. Je chausse du 38.
5. Je n'ai jamais compté mais je pense que mes placards contiennent plus de 80 paires de chaussures. La plus ancienne : des cuissardes Charles Jourdan en daim noir, d'il y a 20 ans, que je porte encore ou toujours... Je ne sais pas quel est le meilleur adverbe.
6. Je n'aime pas le whisky SAUF le Lagavullin. Douze ou seize ans d'âge, je m'en fous, je ne fais pas la différence. C'est le goût de la tourbe qui m'enivre.
7. Si je devais choisir 3 morceaux et aucun autre à écouter pour le reste de ma vie, il y a des chances qu'à ce jour - mais tout change, tout évolue, tout bouge - le tiercé gagnant soit : Ain't No Sunshine I Bill Withers, Karmacoma I Massive Attack-Tricky et Only Rain I No-Man

* Il y a bien pire paradoxe, j'avoue. Celui-ci est un petit, mais il en existe aussi des grands que j'assume tout autant.

dimanche 8 novembre 2009

Ressemblances

Ressemblance troublante
de ce visage qui s'efface
de ces cheveux qui masquent ces yeux
de ces lèvres murées quelques heures
de ces mots muets un moment
et qui me déchirent de douleur le tympan.


















Isolation_by_SEnigmaticX


jeudi 29 octobre 2009

Merci

Il y a des lectures qui provoquent finalement le contraire de ce qu'elles devraient faire.

Ce soir, je suis tombée par hasard sur quelques lignes qui racontaient les matins tristes, ceux où on se lève sans chaleur, en catimini, où on ramasse ses fringues de la veille, où on part en évitant que la porte fasse du bruit et où on marche seule vers le métro, la tête et les pensées mal à l'aise à travers des rues qu'on ne connait pas. Ces jours où malgré tout, on espère toute la journée sans y croire, un mail ou un texto.

Ce soir, cette lecture inattendue et finalement très banale, génère chez moi quelque chose qui l'est moins. Elle génère l'envie de dire merci et aussi de voir le verre à moitié plein.

Merci pour ce premier matin plein de tendresse et de douceur, de café chaud, et de marcher à deux dans les couloirs du métro. Merci de ce long baiser dans une rame pleine. Merci de ce mail qui est arrivé avant moi au bureau. Merci pour les autres qui ont suivi ces réveils, quand je n'étais pas à l'adresse habituelle. Merci d'avoir refermé la porte derrière moi. Merci d'avoir pensé à ma place au paquet de cigarettes, au ticket de métro que je n'avais pas. Merci pour ce réveil qui n'a pas été froid. Merci de m'avoir souri dès la première fois.


Philip Glass I Morning Passages


PS : Et si c'était ma réponse au tag de Oh!91 ? ^^
Rien n'était prémédité, j'ai écrit ce texte juste avant d'être taguée. Mais après tout, la première fois et le premier matin, ça a pas mal de choses en commun...

mardi 27 octobre 2009

Parce que

- Parce qu'il y a quelques blonds et quelques blondes qui lisent ce blog (cf. post précédent),
- Parce qu'il est insupportable que certains fonctionnent encore avec cette grosse daube de Deezer,
- Parce que je suis définitivement une bonne copine,
- Parce que j'ai envie que vous écoutiez ce que je me décarcasse parfois à vous poster :

Voici un nouveau lien, pour accéder gratuitement et immédiatement à Spotify (sans attendre de recevoir une invitation, je précise !). Remplissez les cases et hop, ça marche !

Pour ceux qui feront ce que je leur dis, en bonus, une sélection des incontournables de l'automne. Bon, y a à boire et à manger là dedans. Ce n'est pas "ma" playlist, mais celle de Spotify (pour faire plaisir aux labels qui ont passé des accords j'imagine...)

Et,
- Parce qu'ils sont décidément très productifs,
- Parce que leur concert du 10 octobre au Zénith était purement envoûtant,
- Parce que ça faisait juste longtemps que je n'avais pas eu autant de bonheur et le sourire à un concert :

Je vous propose pour ma part, d'écouter, pour ceux qui seraient passés à côté, un extrait du nouvel opus d'Archive ("Controlling Crowds Part IV"), sorti le 19 octobre, quelques mois seulement après "Controlling Crowds". Pour le clip et les yeux bleus de Dave Pen, c'est ici : Archive I The Empty Bottle


Voilà, c'est tout. A plus tard !

vendredi 23 octobre 2009

Marée noire

Il y a cette angoisse permanente qui m'étreint le ventre alors que tout devrait aller, que je devrai sourire qu'il pleuve ou qu'il vente et regarder loin comme il l'a souhaité. Mais le doute est toxique et mon mercure intérieur ne remonte que lorsque je sens le moment approcher, où toutes les questions et les doutes vont fondre parce qu'il fera ce geste tendre et que je verrai les flammes dans ses yeux danser. Pour l'heure, j'enrage de voir cette avalanche de mails qui ruisselle mais n'en charrie aucun des siens. J'ai un besoin puéril d'être rassurée en permanence, résurgences de l'enfance où jamais rien ne se passait comme il aurait été normal de l'espérer. Résurgences narcotiques dont je ne peux me sevrer, d'une époque où le simple fait d'espérer voyait forcément la déception encore plus grande arriver. On parle de traverser l'Europe, de trouver l'endroit qui nous serait à jamais associé et pourtant, dans le même temps, je pense à cette liberté qu'il ne cesse d'évoquer par des biais détournés. Ma lucidité et mon pessimisme corrosifs m'empêchent de profiter des moments d'attente, qui comme autant de bonbons acidulés devraient ravir ma langue mais aussi légèrement l'agacer. Je suis dans le tourment contradictoire d'être à la fois l'objet d'attentions touchantes et d'espoir que je crée, mais aussi l'absente indolore quand j'ai franchi le seuil de sa porte et laissé ses lèvres de l'autre côté. Je sais que ce n'est pas ce qu'il en est et que je peuple pour quelques temps encore le lieu que j'ai quitté. Pourtant, peu à peu, les sensations et les mots s'estompent et partent sans doute rejoindre les rives d'une autre, jusqu'à ce que le courant dans un reflux apporte sur la berge de mon ventre ses cheveux à nouveau revenus. J'aimerai pouvoir cumuler les genres, lui dire oui aujourd'hui et avoir envie d'un autre demain. Mais ma tête et mon corps sont pour l'instant du moins, les passagers frustrés d'un seul chalutier. Comme les marins sur le quai, ils ne peuvent qu'attendre résignés, l'horaire salvateur de la marée.

lundi 19 octobre 2009

Post coïtum omne animal triste est

"Le week-end fut excellent". Ça fait des lustres que je n'ai pas écrit un truc pareil. J'ai répondu ces quatre mots à celui qui innocemment, venait prendre de mes nouvelles. Je me suis arrêtée là, mais voilà ce que j'aurai pu écrire derrière.
Je suis dans un état bizarre, une sorte de torpeur, mêlée de spleen et de peur. La cigarette de onze heures a été un calvaire. Paroles de business-men où je ne comprenais rien, tête ailleurs, pieds enlisés dans une terre meuble, à me demander où je pourrais bien être ailleurs, ou alors à me demander où je pourrais être bien, ailleurs. Je suis dans une sorte de torpeur qui n'a rien à voir avec l'état cotonneux de plénitude de ces dernières heures, quand la météo est calée sur le bleu, quand on a plongé dans le beau, nagé dans le chaud. J'avale ce matin un cocktail amer de mollesse, de spleen et de peur. Pour la première fois de ma vie, j'ai le post coïtum destructeur. Je voudrais dormir, moi qui ne dors jamais, me réveiller et que rien n'ait existé. Je relis ses mots : "Je n'aime pas le passé : Il n'est pas modifiable. Je n'aime pas le futur : Il n'est jamais certain. Je n'aime pas le présent : Tu n'es pas entre mes bras." Ils résument l'état dans lequel je me sens. Pas de passé, pas de présent, pas de futur. C'est le néant. En résumé, un trou noir qui absorbe ma volonté, mon énergie vitale. Je voudrais m'endormir à l'instant, me réveiller et que rien n'ait existé. Ce matin, je suis dans une sorte de torpeur et j'ai peur...

jeudi 15 octobre 2009

Bulletin météo

Temps dégagé, ciel clair.
La météo est au beau fixe, le présentateur charismatique et la téléspectatrice n'a plus vraiment de cerveau disponible.

Explosions In The Sky I First Breath After Coma
















Photo : Cebeul

lundi 12 octobre 2009

Les jeux sont faits...

The XX I Night Time

lundi 5 octobre 2009

Jusqu'ici tout va bien...

Aujourd'hui malgré la pluie froide sur Paris,
il est des soleils noirs qui luisent de magie...


Soap&Skin I The Sun

Et qu'on se le dise, à partir d'aujourd'hui ici, Deezer c'est fini.
Voici le lien pour vous abonner gratuitement et sans délai à Spotify.

mercredi 30 septembre 2009

Le don de Dieu

- Vous étiez quatre. Quatre "vous". Deux avaient vaincu et étaient heureuses, les deux autres avaient perdu et n'appréciaient pas. Moi aussi j'avais perdu mais je m'en foutais un peu. J'étais avec vous.

- Mais ça n'a rien d'un cauchemar, ça. C'est plutôt un rêve.


- Non, mes rêves de vous, c'était la semaine dernière. Hier, c'était bel et bien un cauchemar, attendez de voir. Nous sommes partis dans une voiture après vos victoires. Vous avez voulu conduire, la "vous", celle qui était un peu plus jeune que vous. Vous-même étiez à l'arrière. Vous conduisiez très vite. Nous avons croisé des lignes qui s'enchevêtraient, comme des rails de chemins de fer. Il y en avait dans tous les sens. Il était impossible de les suivre et vous alliez de plus en plus vite. Nous avons croisé ensuite comme une vieille usine, pleine de couleurs brune, beige, dorée et une lueur qui l'éclairait de l'arrière. C'était magnifique. Irréel. Vous conduisiez toujours aussi vite. Je vous demandais de ralentir, mais vous n'écoutiez pas. Et subitement devant nous, une chaine qui nous barrait la route et se tenant derrière, une autre "vous" entourée de chiens gigantesques. J'ai crié. Vous avez stoppé, êtes descendue de cette voiture et l'autre "vous", celle de derrière la barrière, grimée comme Kiss ou le Joker, exhortait ses chiens contre vous. C'était horrible. Vous connaissez ma peur de ces bêtes. Je suis descendu pour vous rejoindre, tenter de vous défendre et j'ai vu les crocs des chiens que vous avez alors dirigés contre moi. C'est là que je me suis réveillé en sueur, le sang plein d'adrénaline, le cœur battant à cent à l'heure...
En fait, vous n'étiez pas quatre ! Vous étiez cinq.

J'ai réfléchi à ce cauchemar depuis. Je crois qu'il essaie de me dire que vous êtes un mystère, une intrigue, que de toutes ces lignes qui s'enchevêtrent je ne sais laquelle suivre pour vous rejoindre. Mais les chiens, la barrière, le maquillage terrible, je pense que ça veut dire que vous pouvez être un danger pour moi...

Mais à moi il me semble que le danger, c'est lui. Le Diable a pris la forme de ses lèvres, la tentation celle de son odeur, ma damnation mon réveil dans son cou, mon enfer ses cheveux sur mon ventre, mon chemin de croix sa tendresse et mon calvaire volontaire sa voix et sa griffe d'argent sur moi.

God Is An Astronaut I All is Violent, All is Bright

samedi 26 septembre 2009

Closer

Une heure et quart à la même place
Fusion à faire fondre le béton
Sa morsure comme un poison lovée au fond du cortex
Tentation savoureuse instillée par Méphistophélès
Frustration doux-loureuse d'une séparation perverse
Vibrations sacrilèges en découvrant son lien hyper-texte :
http://www.youtube.com/watch?v=OsHSwd4GDgI&feature=related

mardi 22 septembre 2009

Salle de réveil

Il y a ce mélange d'excitation légère, d'envie d'y être déjà. Cette impatience stressée, ce flottement qui fait qu'aujourd'hui on se sent un peu plus léger. Ces idées et ces petites choses à ne pas oublier pour la soirée, ces rêveries qui font imaginer comment pourrait se passer la scène. Et puis, cette petite angoisse souterraine qui fait redouter qu'un téléphone vibre trop tôt, qu'un mail dégringole et fasse s'évaporer ce souffle nouveau.

C'est comme le réveil fragile d'un long coma difficile, ces petits picotements qui s'animent pour rendre la journée plus claire.

Et puis ce contrepoids qu'il faut faire taire. Ces pensées négatives qui arrivent comme pour déjouer le sort : ne pas y penser, n'en parler à personne. Arrêter cette erreur, cette bêtise, ne pas se réjouir. Se préparer à ce qui risque d'arriver. Se préparer à être déçue, blessée.

Il fait grand bleu dehors, comme au premier jour de l'été.
Il fait bleu pâle dedans, c'est un début, ça faisait longtemps.


jeudi 17 septembre 2009

Dumbass

(Dr D) : Elle est super mimi et marrante.
(P_o_L) : Ben fonce !!
(Dr D) : Nan, je crois que je vais proposer une soirée sympa et tout
(Dr D) : et au moment d'aller plus loin, je vais m'enfuir.
(Dr D) : C'est bien ça, ça lui prouvera que j'ai adoré !
(P_o_L) : T'es con ou bien ?
(Dr D) : Je sais pas, ça te rappelle pas quelqu'un ?

mardi 15 septembre 2009

Correspondance avec deux T

" Mon cher M.,

Je ne vous l'ai pas encore dit, mais je suis heureuse que votre prénom prenne deux t. Je n'aurai pas aimé vous identifier à des douleurs passées.


Pensez-vous qu'on puisse me ranger dans une boite ? Je crois plutôt qu'il faudrait me mettre dans une multitude de petites boites puis les faire s'emboîter comme ces puzzles que vous aimez. Et comme vous, bien que d'apparence moins "étrange", je suis forcément égocentrique pour vivre ce que je veux, comme je le veux, en l'assumant, voire peut-être en le revendiquant un peu. Mais une boite mon ami, une boite dans laquelle me glisser, me classifier, je crains qu'il n'en existe point. Les boites vous font peur. Nous partageons également cette phobie.

C'est pourquoi j'ai du mal à cerner de quel monde vous parlez quand vous m'écrivez : "Ouvrez-moi votre monde". Je vous ouvrirai toutes les portes que vous souhaitez, si j'en ai la clé. Je suis une tête de mule, je suis parfois "soupe au lait". Il m'arrive d'être d'un accès difficile quand je suis "ailleurs" ou contrariée. Mais ce genre d'attitudes désagréables n'arrivent que de façon accidentelle et éphémère. La plupart du temps, je suis accueillante et ouverte, je prends des gants de douceur et de délicatesse infinies, et ma sincérité parfois rude est d'une bienveillance absolue. S'il y a bien une qualité dont je puis vous assurer, c'est ma générosité.


Je suis donc évidement disposée à vous montrer toutes les voies que j'ai pu suivre et que vous n'avez pas empruntées, mais il faudra à votre tour que vous me guidiez pour que je comprenne quelles voies vous voulez défricher.


Pour vous, ma "différence" ne fait aucun doute et j'aime que vous le pensiez. Mais la différence, pour qu'elle soit positive, ne doit pas être cultivée. Elle tombe sinon dans un anti-conformisme outré auquel je n'adhère pas car il me fait rigoler. Comme vous le dites en parlant de ce que vous connaissez, cette différence, il faut juste la vivre et l'accepter, sans même y penser. Elle nous enrichit, nous renforce et c'est aussi elle qui nous fait aujourd'hui nous croiser.


Je ne sais pas si on me voit comme un être "étrange" dont il faut se méfier. Je ne crois pas. Ou alors je suis trop aveugle pour l'identifier, c'est une possibilité.
En revanche, vous avez raison, je suis une source de ralliement, que ce soit pour ou contre moi. Mon franc-parler, mon humour un peu caustique et surtout mon ironie que vous avez déjà notée, mes prises de positions parfois trop tranchées, ma sensibilité extrême recouverte de poil à gratter, font qu'on adhère à ce que je suis ou au contraire qu'on prend peur et qu'on cherche à me faire tomber. Je vis avec. J'en souffre parfois. Je m'en amuse souvent.

A vous qui m'avez confié vos blessures du week-end, je vais vous faire part de la mienne, la dernière.


Depuis deux jours, je dois répondre à un mail. Celui d'un ami qui en est venu à me reprocher ce que je suis, parce que je l'ai, sans le savoir et sans le vouloir, blessé et vexé. Je m'en suis excusée, lui ai demandé de pardonner ma façon d'être, mon manque d'intelligence relationnelle. J'ai reçu en retour cette simple question : "Bon, et bien que fait-on ?". Je suis perdue, je ne sais pas répondre à ça ! Pourquoi me demande-t-on une solution, d'ouvrir une porte que je n'ai jamais fermée ? Pourquoi me demande-t-on de décider alors que je ne peux que suivre une volonté ? Je ne sais pas réagir à cette pression. Pourtant, je vis, supporte, gère des pressions de toutes sortes, mais celle-là, je ne sais pas comment la lever. Il me manque des clés...


Je crois que j'attends désormais avec impatience ce dîner de mercredi pour enfin mettre une voix sur tous les mots que nous nous sommes dits.


Je crois que j'attends désormais avec impatience ce dîner pour enfin sentir ma chair frissonner sous votre griffe d'acier.

Je vous embrasse, où vous savez.
"


mardi 8 septembre 2009

BBB : Blog, Brunch et Bavardage


Ça pourrait être aussi :

Blog, Brunch et Badinage
ou
Blog, Brunch et Bec de gaz...


J'ai une préférence pour le dernier,
mais c'est parce que je suis bizarre.


Pour s'inscrire, c'est ici .
Bougrenette inside.

lundi 24 août 2009

Triangle des Bermudes

- "Je suis comme un pti garçon qui a eu un tiramisu d'enfer sous le nez... J'ai eu envie de toi tout le dîner."
- "J'ai envie de rentrer cet après-midi... Je viens gratter à ta porte ce soir ?".
- "J'ai envie d'être dans ta bouche toute la nuit..."
- "Je déjeune en famille, j'enfourche mon scooter et je remonte direct sur Paris... A ce soir."
- "Je te préviens, 5 heures de moto ça fatigue. Va falloir que tu t'occupes de moi..."
- "Je ne fais la route que pour te voir ! C'est grave si je suis naze ?"
- "Y a du monde. Je serai en retard mais j'arrive..."

8h00 ce matin, mon lit est vide.
Et on dit que les femmes sont inconstantes et allumeuses.
J'ai dû tomber sur une femme à barbe...


dimanche 16 août 2009

Points d'interrogation et de suspension

Il semble que je laisse ce blog en jachère.

Les blessures se referment et moi avec. Peut-être.

En tous cas, elles saignent moins et c'est déjà bien. Cicatrisation temporaire ou guérison complète ? Je l'ignore encore.

Je suis dans un no-man's land d'émotions et de sentiments. Je n'aime pas ça. Pourtant je sens que c'est reposant. Mais le repos et moi, ne sommes pas des amis chers, c'est juste un compagnon emmerdant.

Je n'ôte pas ma cuirasse facilement. J'ai mis sept ans à le faire dans le cas présent. Sept ans à faire attention à ne pas prêter le flanc, sept ans à ne laisser aucune brèche s'entrouvrir, sept ans à repousser consciencieusement chaque sourire, chaque parole, chaque sous-entendu qui aurait pu laisser mon flot jaillir, comme si j'avais une prescience de ce qui allait sans quoi advenir. La digue a cédé l'été dernier, mon cœur s'est noyé et ma raison engloutie avec.

Je me vois comme ces tatous que l'on croise sur le bord des routes en Guyane, pendus au bout d'une perche, dépecés, nus, et dont la carapace a laissé une trace profonde dans la chair.
J'ai peur aujourd'hui d'être dans l'incapacité de laisser à nouveau tomber l'armure, effrayée à l'idée qu'on me suspende au bout de cette perche...

Comment vais-je demain gérer la suite ? Je sais qu'il faut jouer pour gagner, je sais qu'il faut tenter pour avancer, je sais qu'il faut prendre des risques. Je l'ai toujours fait, ai souvent gagné mais quand il m'est arrivé de perdre, j'ai trop payé. J'ai réglé une addition à la hauteur de ce que j'ai donné, paradoxe s'il en est.

Je parle de moi ouvertement dans ce billet, alors que je n'ai jamais eu envie de le faire, jamais eu envie de raconter ma vie, ici. Je n'ai jamais envie de la raconter où que ce soit d'ailleurs...

C'est pourquoi jusque là, même si ce que j'ai écrit a toujours été le reflet autobiographique du moment, de ma vie de l'instant, je n'ai traduit que des émotions, des sentiments, sans trop en dire, sans être trop claire sur les événements qui me conduisaient à les ressentir. C'est ainsi que je conservai, curieusement sans doute, le maximum de pudeur.

Je me suis prise au jeu de l'écriture, mais surtout à celui du rythme. Je n'ai pas envie d'écrire autrement, du moins pas ici. Je suis une adepte du "concept" que j'ai pourtant galvaudé plusieurs fois dans ces pages, tout en répugnant à le faire. Je me sentais poussée par la nécessité factice, quand trop longtemps rien de plus fort ne prenait forme sous mes doigts, de faire vivre un minimum ce "chez moi", comme on dit dans cet univers.

Alors le choix est devant moi. Continuer à écrire un peu n'importe quoi sur ce blog, ce qui me passe par la tête, des moments, des instants futiles de ma vie, des découvertes, ou laisser cet espace en jachère et n'y revenir que lorsque j'aurai vraiment quelque chose d'intense à y mettre ?

A cette heure, je ne sais pas. Attendre le temps qu'il faudra pour que d'autres blessures me donnent le rythme nécessaire ?

Peut-être.

jeudi 30 juillet 2009

Wishful Thinking

Changement d’île, changement de décor mais même voie lactée. Je compte les étoiles comme on compte les ovidés. Pas pour dormir, juste pour déjouer l’idée qui traverse mon esprit focalisé. Une de ces idées absurdes, une de celles qui ne manquent pas de se former quand trop d’étoiles brillent et qu’on a envie que quelque chose finisse par arriver.

Les vœux, j’en ai trop fait. Vœux conjoints de phrases simultanées, vœux partagés sans qu’on se les dise, mais on savait. Des vœux que j’avais fini par prendre pour la réalité. Alors ce soir, de vœu je n’en ferai pas. Ces croyances sont puériles, inefficaces et sans objet.

Et je compte les étoiles comme on compte les moutons, pas pour dormir, non, juste pour éviter de céder à cette superstition.

Je ne vois jamais d’étoiles filantes. Pas de danger tout compte fait. Mais le danger, c’est comme la chance, on ne le voit pas arriver.

Elle fuse dans le ciel, juste devant mes pupilles dilatées par l’obscurité. Et je suis là à me demander où tu es, à me demander si les fantômes t’ont enfin quitté, si toi aussi ce soir sous ce même ciel constellé, tu penses à celle que j’étais. Et je suis là, percluse de doutes sur ce que j’ai fait en coupant net ce qui nous reliait. Et je suis là, courbée sous cette erreur que je reconnais pour l’avoir deux fois commise et deux fois regrettée. Situation et moment différents, mais mêmes effets sur mon incapacité à accepter, à plier sans rompre pour attendre que le mauvais temps passe sans craquer. Mêmes effets et même réaction lourde de conséquences, celle qui fait que ce soir je finis par sacrifier au fantasme de l’étoile filante et prie comme une impie pour que tu me donnes à nouveau signe de vie.

La vie est absurde. Ca fait longtemps que je le sais. La vie est mal faite et cet appel d’Afrique du Sud vient me le rappeler. Je vais vivre le reste de ma vie sans savoir vraiment qui tu étais, tenant pourtant le premier rôle sans jamais renoncer ni t’éloigner, alors que celui que j'entends à cet instant ne devait être qu’un figurant et puis s’en aller.

La vie est absurde, elle donne ce dont on n’a pas idée et le reprend quand on ne peut plus s’en passer. Les étoiles sont des connes, elles filent quand on ne croit plus aux vœux à formuler.


Pulp I Wishful Thinking

jeudi 23 juillet 2009

Digital Love

Allongée, derrière mes lunettes de soleil, je mate les mecs à la piscine, pendant que d’autres matent le sex-symbol qui a choisi de passer ses vacances à mes côtés.

Plus que 6 mois. C’est le temps qu’il reste avant que mes seins tombent, que ma peau se ride, que mes paupières se fripent. Six mois. C’est le temps qu’il me reste, celui que j’ai dans la tête, sans doute un peu différent de celui qui sera vraiment.

Je planifie mentalement ceux qui vont défiler dans mon lit dès mon retour à Paris.
Envie de brûler les jours et les nuits, libérée de la moindre retenue, plus besoin d’alibi cérébral, de feeling partagé, je vais consommer.

Il y a un an, je lisais cette phrase sur un blog canadien quand j’ouvrai le mien. Ce blog n’existe plus aujourd’hui mais cette phrase je m’en souviens. Elle disait qu’Internet avait généré l’insomnie de l’humanité.

Depuis cette terrasse ouvrant sur la mer, face à ces remparts multi-centenaires, dans le silence de la nuit tout juste troublé par le cliquetis des gréements qui s’entrechoquent, MSN clignote. On me dit : "C’est dans la poche. Merci ! ". Merci de l’oreille attentive et des conseils prodigués avant que je parte, dans une histoire de cœur ou de cul, à ce stade personne ne sait encore. Faussement naïve, j’interroge en retour celui qui me remercie : "On faisait comment avant Internet ?". Sa réponse arrive quand mon téléphone vibre : on pense à moi à Lisbonne et on m’appellera arrivé à Cape Town. Ces enjambées géographiques, ces conversations téléphoniques, sont elles aussi le résultat d’un croisement électronique bientôt vieux d‘une décennie. Les mots que je rends publics ici sont la résultante d’octets qui se sont un jour croisés, mêlés, soutenus, désirés, attendus, aimés des années, puis rompus.

Je jette alors un œil sur celui qui est endormi dans mon lit. De l’éther digital il est également sorti mais doit être l’exception qui confirme la réponse qu’on me donne depuis Paris : « Avant internet, on baisait moins pardi ! ».


Daft Punk I Digital Love

samedi 18 juillet 2009

C'est le temps de l'amour...

Eh non, juste celui des vacances, ça va pas plus loin !

J'abandonne la place mais laisse de quoi écouter et éventuellement aimer. Une playlist plutôt electro avec quelques trucs rock, soul, funk, concoctée avec amour (toujours) sur Spotify, la petite merveille que j'aime. Mais finalement de Spotify point, puisque je n'ai plus d'invitation à envoyer et que j'ignore qui de vous, lecteurs échoués sur ce blog, y a accès. On fera donc contre mauvaise fortune bon cœur (ça arrive même aux meilleurs) et on fera tourner Deezer...

Presque deux heures et demie enchaînées pour ceux qui veulent, ou bien en pièces détachées ci-dessous, pour ceux qui ont plutôt envie de piocher.

Car le temps de l'amour c'est long et c'est court... See U!



Unkle I In A State Hooverphonic I 50 Watts Wax Tailor I Sometimes Queens Of The Stone Age I You've Got A killer Scene No-Man I The Break Up For Real Radiohead I Everything in Its Right Place Grover Washington Jr I Ain't No Sunshine Wax Tailor I Seize The Day The Chemical Brothers I The State We're In Stereophonics I Maybe Tomorrow The Crusaders I Street Life Mamaluke I The Pant Muse I Hoodoo Mr Edgy I Openning Archive I Collapse / Collide dEUS I Theme From Turnpike The Chemical Brothers I Star Guitar Gossip I Listen Up! 50 Cent I Just A Lil Bit Blackalicious I Make You Feel That Way Unkle I Heaven Nina Simone I I Put A Spell On You Mr Scruff I Get A Move On! Placebo (Unkle Remix) I Without You I'm Nothing Guillemots I Falling Out Of Reach Archive I Fuck U Tricky I Evolution Revolution Love Sian I Phantom CSS I Let's Make Love And Listen From Above Gotan Project I Santa Maria


lundi 13 juillet 2009

Moonwalkers

C'est belge au départ.
C'est du monde entier à l'arrivée.
C'est un moonwalk sans fin.
C'est surtout assez génial.

Eternal Moonwalk - A tribute to Michael Jackson.

dimanche 12 juillet 2009

Photos souvenirs

C'est une pub (pour Olympus).
C'est encore du stop-motion (oui, mais c'est bon).
C'est vu sur Fubiz (comme souvent).
Et la bande-son est un délice (Werle & Stankowski - en bonus Angel of Berlin).

vendredi 10 juillet 2009

Acouphène

Les oreilles et les murmures, c'est comme les yeux et l'écriture.
Ça fait parfois beaucoup de bien, ça fait parfois beaucoup de mal,
ça fait souvent beaucoup d'effet.

vendredi 3 juillet 2009

Tous les jours sans faillir

Je voudrais écrire des mots qui te seraient destinés,
des phrases que si longtemps tu as aimées.

Je voudrais entendre à nouveau sonner
et voir les lettres de ton prénom danser.

Je voudrais qu'il y ait la fièvre dans les lignes échangées,
qu'il y ait la moiteur de nos lèvres dans le son de nos voix partagées.

Je voudrais que le soleil de juillet remplace la pluie de décembre et sèche mon cœur noyé.

Je voudrais repartir en arrière pour savoir mieux tout endurer,
que tu sois là, encore, tout près, à mes côtés.

Je voudrais faire volte-face et reprendre ma place,
me satisfaire de n'être dans ta vie qu'une trace.

Mais je suis là, anesthésiée et muette,
comme murée dans l'indifférence du passé.

Mais je suis là, paralysée et défaite,
les émotions shootées, les souvenirs opiacés.

Mais je suis là et je sens que rien n'est effacé,
que comme une ombre tu guettes chaque pas que je fais.

Mais je suis là, la vie en sommeil, à tricher pour oublier
que je murmure à d'autres ce que j'aurai voulu te crier.

Alors, en ces temps d'anniversaires, souviens toi l'année dernière,
quand tu avais mon cœur sous tes doigts,
quand je tenais le tien dans ma voix.

On y a cru, toi et moi.

Tous les jours sans faillir,
toutes les heures sans mentir,
chaque minute à en rire,
chaque seconde à en jouir.

mercredi 1 juillet 2009

Amarcord *

Je flottais dans une bulle de douceur brute en écoutant Eels, au moment où Raphaël m'a été présenté. D'abord sourire jusqu'aux oreilles devant les mots et les photos. Tendresse qui se distille pour celui qui les écrit car comme toujours et comme ce titre, ils sont simples mais beaux. Puis une idée me traverse, longtemps après avoir lu et vu. Une pensée que jamais jusque là je n'ai eue. Je fais le calcul du nombre d'années qui nous sépare, Raphaël en Italie et moi à Paris. J'ai une sensation bizarre, comme atteinte de schizophrénie. Une sorte de malaise fugace, une zone non identifiée de mon esprit qui ne sait où se situer entre naturel et gêne, entre bonheur et nostalgie. Je me rappelle ma grand-mère. Elle avait à peu près mon âge quand je suis née. Mais c'était ma grand-mère. Moi, je suis l'amante et l'amie de son père... Ma grand-mère a-t-elle été l'amante d'un jeune homme des années 60 ? Les connexions entre générations ont-elles changé ou étaient-elles simplement monnaie courante mais davantage dissimulées ? Quoiqu'il en soit, je suis certaine que ma grand-mère n'aurait pas regardé ce mec à l'insouciance torturée et encore moins été touchée par son charme et sa douceur, une douceur d'ange, comme Raphaël, comme ce fils dont il a sans le vouloir, hérité.

* En clin d'œil à Gaspard qui suggérait ce titre pour un autre billet mais les mêmes protagonistes...

dimanche 28 juin 2009

A l'autre bout du monde ?

Cette chanson est un puits sans fond dans lequel je retombe sans y faire attention. Cette chanson est une sorte de testament, une madeleine à retardement. Elle n'existait pas encore quand un soir tu m'as dit "mon trésor, tout ce temps je n'étais pas mort, je vivais à l'autre bout du monde". C'était à des années-lumière de ce dimanche de juin, c'était avant que le brouillard ne t'enveloppe. C'était bien avant qu'on aille jusqu'au bout de ce qui couvait en nous.
Cette chanson existait depuis longtemps quand tu l'as glissée entre nous comme un caillou, à bout de tout, à bout de toi surtout. Aujourd'hui, c'est moi qui avance dans le brouillard, sans savoir si depuis tout ce temps tu n'es pas mort, sans savoir si j'entendrai encore ta voix me dire "mon trésor". Et chaque soir quand je m'endors, je te rejoins et te sers fort. Je pleure alors ces gouttes d'or que tu trouvais si belles quand le soleil brillait encore.

mercredi 24 juin 2009

Fruits de saison

Il voulait qu'on pique-nique aux Buttes Chaumont.
Finalement, on a mangé des fraises à la maison.

Il voulait qu'on partage des framboises et de la vodka sur un pont de Paris.
Finalement, on a partagé des cerises et une bière Place de Clichy.

Les fraises étaient un plat de choix...
Les cerises étaient une erreur d'achat...

mardi 23 juin 2009

Des twitts et des hommes

Lu un paquet d'articles sur Twitter ce soir... Histoire de ne pas avoir passé complètement la journée sans bosser et histoire aussi de comprendre deux, trois trucs.

L'essentiel est là : sur Twitter, les garçons ont tendance à "suivre" plutôt des filles et vice et versa. *

Micro-blogging ou maxi-bloggeurs, même combat !


*Etude
Harvard Business School

dimanche 21 juin 2009

Quiet Time

J'écris pour coucher noir sur blanc des émotions, des sentiments.
Les faits ne sont pas importants. Ils ne sont que le moyen de ressentir plus fort.
Je n'écris plus en ce moment.
Mes émotions, mes sentiments sont aux abonnés absents.
C'est le paradoxe.
Cortex en sommeil, cœur en hiver, émotions néant, sentiments défunts, fantômes loin.
Temps sereins, la vie va mieux, l'écriture moins.
Cortex en sommeil, cœur en hiver, émotions néant, sentiments défunts, fantômes loin,
j'aimerai que tout se réveille, que le soleil entre par la fenêtre.
Et écrire des mots nouveaux...
En attendant, j'attends.

lundi 15 juin 2009

Guitare solo

C'est beau comme du Léo.

samedi 6 juin 2009

Des ciels, des cieux

Froid dehors, froid dedans.

Il y a un an, eau bleue, draps blancs, soleil des Alpilles et toi quelque part à guetter ma sortie de la piscine, à me dire que tu m'attends.

Chaud dehors, toujours froid dedans.

Demain je serai sous d'autres ciels, sans tes mots heureux, sans tes encouragements. Ceux que j'entendrai n'auront rien de merveilleux mais au moins ils seront présents.

Le temps défile, les saisons s'alignent.
Je ne sais plus quels sont tes yeux, ni si ta vie est belle, ni si c'est celle que tu veux.

Il fait plus gris qu'un 1er novembre, plus triste qu'un mercredi des Cendres et pendant que mon cœur sombre dans l'encre, le tien vogue sans doute vers d'autres cieux.

dimanche 31 mai 2009

Une odeur de vanille

J'ai ouvert ce blog fin août 2008. Un moment d'ennui professionnel, un moment de vacuité mailistique, le manque certain de M. parti en vacances, avec qui j'échangeais intensément depuis des mois et sans arrêt depuis des années. Sept, pour être précise.

Août donc, calme plat, circuits touristiques. Ouvrir ce blog a été mon tourisme à moi, cet été là. Je n'imaginais pas alors qu'il servirait à verbaliser ce que je n'allais pas pouvoir dire ailleurs. Je n'imaginais pas que ma vie prendrait cette tournure, ces blessures, ces déchirures. Je n'imaginais pas que M. finirait par prendre autant de place, qu'il laisserait autant de vide.
Mais j'imaginais encore moins qu'écrire quelques lignes me conduirait à rencontrer et à aimer, certains de ceux et de celles qui me lisent. Je n'imaginais surtout pas qu'un blog pouvait servir aussi (avant tout ?) à ça.

Tout ça n'a finalement aucun rapport avec ce qui va suivre et pourtant, ça m'a semblé être la seule introduction possible.

Comme je n'imaginais pas que des inconnus lisent les quelques lignes que j'accumule ici - je suis peu productive - , j'imaginais encore moins qu'on viendrait les survoler des quatre coins du monde ! 32 pays différents - je vous épargnerai la liste - sur les 198 que compte la planète et 5 continents représentés (manquent à l'appel l'Amérique du Sud et l'Antarctique). Pour un petit blog comme celui-ci et pour une fille qui n'est pas une vieille routarde de la blogosphère, ces chiffres me fascinent. Ils me fascinent et certains d'entre eux m'intriguent.

Comme tous les bloggueurs je crois, je me gargarise tous les jours de Google Analytics. C'est ainsi que j'ai remarqué il y a plusieurs mois, de fréquentes visites du Royaume-Uni. Toujours la même personne. Mon visiteur britannique m'a longtemps intrigué. Il s'est sans doute lassé car ces visites sont devenues très épisodiques.

Toute à ma perplexité analytique sur ce mystérieux inconnu (je privilégie le masculin pour deux raisons : la mienne déjà, qui fantasme que ce soit un homme et celle de la grammaire française), je vois soudain apparaitre la Polynésie dans la liste !

J'ai d'abord pensé à une erreur d'atterrissage comme en comportent beaucoup les moteurs de recherche. Mais au fil des jours, des semaines et maintenant des mois, je me suis aperçue qu'apparemment ce n'était pas le cas.

Un accès direct à ces pages, une visite quotidienne... Voilà qui était suffisant pour mettre en éveil mes antennes d'apprentie bloggueuse, mes tentacules d'analyste en herbe, mais plus sûrement mes vieux rêves de Tahiti, de navigation sur un bateau blanc, d'odeur de vanille, de sons qui caressent l'oreille : Moorea, Bora Bora, les Marquises... Et les Marquises, quand on est une princesse...

Alors voilà, vous qui êtes à l'autre bout de la Terre et qui venez chaque jour en un clic jet-lagger par ici et vous repaître de la grisaille parisienne, de la brume de mes tripes et de l'odeur de ma peine, faites moi un signe, juste un petit geste supplémentaire pour me prouver que Google Analytics n'est pas fou, qu'il existe bien là-bas du côté de Papetee, quelqu'un de chair et d'os, de sang et de rires, qui vient me lire. Sans nouvelle de vous, j'en déduirai que c'est un robot qui scrute et analyse et ça sera si décevant, que je ne veux l'imaginer pour l'instant.

Et tant que j'y suis, je suis triste de t'avoir perdu, ô toi l'anglais inconnu. Là encore, s'il te plait, fais-moi un signe, un mot, quelques lignes.

Voilà, j'ai sacrifié moi aussi à la tradition que je découvre récurrente, du billet sur les stat d'un blog.

La prochaine fois, je parle des mots-clés mais avec ce qui s'écrit ici, c'est déjà beaucoup moins poétique !

mercredi 27 mai 2009

Chaque minute, mais plus chaque seconde

Elle regarde sa cuisse, touche sa jambe. Sa peau se dessèche. Elle devrait y mettre de la crème. Elle tend le pied, admire ses ongles faits. Elle n'a plus mal ou si peu. Est-ce l'effet de l'âge que sa peau si lisse et si dorée craquèle à présent ? Elle sait bien qu'elle y pense, chaque jour, chaque minute mais plus chaque seconde. Elle va mieux. Elle masse la crème onctueuse sur son mollet tendu. Elle sent sa présence qui la suit, qui la hante, mais elle vit avec désormais. Elle caresse son genou replié. Elle sent bien qu'une partie d'elle est rugueuse comme cette peau qu'elle nourrit de beurre de karité. Quelques flashes fusent encore, intenses, mais elle s'évertue à ne pas les regarder. Elle a toujours aimé ses pieds. Elle contemple ses orteils et un sourire irrépressible perce en se souvenant de la sensation de coton dont il lui avait parlé. Depuis peu, elle l'a testée. Deux ou trois jours à peine. Ça n'a pas produit l'effet escompté. Le seul dont elle se souvienne, c'est qu'elle a regardé faire, médusée, en attendant de ressentir l'effet, non pas sur ses orteils, mais dans son cœur abîmé. Elle va mieux, c'est clair. Ça ne lui a rien fait. Elle est allongée sur le lit, la tête appuyée contre le mur, la jambe relevée. Elle était si sure qu'il reviendrait. Elle frotte ses mains l'une contre l'autre pour faire pénétrer l'excès de crème. Elle est fière d'elle. Elle n'a pas bronché vendredi quand, en entrant dans le salon, elle a entendu Jane's Addiction. Elle n'était pas seule pourtant, A. et elle sortaient du lit à l'instant. Mais rien, pas un soubresaut, pas une larme. Sur le moment elle s'est dit "Voilà, j'y suis !". Elle y repense depuis avec un brin de nostalgie. Avoir mal, c'est intense. Avoir mal, c'est vivre aussi. Tout est sec, tout est mort. Le fantôme rôde encore, mais elle n'a plus peur de lui.

lundi 18 mai 2009

Ecriture automatique #2

Six autres mots donnés dans cet échange de mail et quelques secondes pour tenter de les utiliser tous, d'en faire des phrases, des poèmes....
A l'instar de Gaspard, à vous de jouer si vous voulez !

"Regard, perdu, feeling, toucher, boire, mordre"


Mordre dans ton regard qui s’évapore,
Perdu dans l’éther fugace de l’aurore.

Boire, encore, ce feeling qui rend fort.

Aveuglée par l’odeur de la mort,

Toucher ta voix est devenu un véritable effort.

Je m'endors...

jeudi 14 mai 2009

Ecriture automatique #1

Six mots donnés au hasard d'un échange de mails hier au travail, et en quelques secondes m'essayer à en faire des phrases. Apparemment, son mood à lui était positif : "sourire, projet, avenir, sport, motivation, objectif".
Le mien...

Du fond de ton sourire sans souvenir,
La motivation fond et mes projets expirent.
Vivre est un objectif et un sport sans avenir.

dimanche 10 mai 2009

E la nave va

Ce petit con de A. me manque et quand je vois son mail de Bologne s'afficher, je ne me doutais pas que j'y étais finalement si attachée.
Nos soirées douces et tendres marquent ce soir leur absence. Plus que le sexe que nous faisions ensemble, ses idées farfelues et ses espoirs d'argent facilement gagné me laissent un vide que je n'imaginais pas éprouver.
Oui, mon ptit con préféré, j'ai vu qu'ils avaient interdit cette expo où nous étions allés un dimanche, quand j'étais loin de penser te voyant sur mon oreiller, qu'un jour tu compterais.
Oui, Raphaël c'est joli et oui, je sais que malgré ce que tu en dis, tu traverses la vie avec profondeur, maintenant plus que jamais.

lundi 27 avril 2009

Le collier

"Tu me manquais", dit-il. "J'aime te manquer", répond-elle.

"Je t'attacherai, tu ne me manqueras plus jamais. Et si je vois que je ne supporte pas que tu sois à plus de 15 cm de moi, la laisse me semble la seule solution ma chérie".

Elle sourit et en même temps s'interroge. Comment fait-il pour la mettre dans cet état, elle que la simple idée d'une entrave fait bondir ?

"
Tu me mettras un collier pour qu'on sache que je ne suis pas abandonnée, pour que personne ne m'enlève ?", ajoute-t-elle.

"
Je ne veux pas qu'on t'enlève. Tu es à moi ! Personne ne pourra te prendre pour une chienne abandonnée mon trésor".

"
Il faudra me faire tatouer tu crois ?". Elle ironise pour continuer le jeu qui les rend tous les deux plus fondants que des caramels coulants.

"On verra, peut-être au creux des reins, ton visage et le mien".

"Ça fait mal les tatouages !". Elle joue la gamine, accrochant un regard complice et aimant qu'il partage.

"Alors le collier suffira mon ange".

Quelques secondes de silence à écouter les ailes de l'ange...

"Où étais-tu ? J'ai eu peur. Tu m'as manqué !".

"Ça servira à ça le collier ma douce, ne pas avoir peur de se manquer, être collés l'un à l'autre en permanence. Le sentiment que tu t'éloignes et hop, je te rattrape honey".

Tous ces mots qu'ils s'échangent, qui se répondent et se complètent, le plongent dans une bulle de douceur, un ciel de tendresse, une tempête de désirs intenses.

Il lui dit qu'elle est belle, qu'elle est et restera sa princesse, son manque, sa chatte et sa chienne fidèle, sa chérie à lui. Il lui répète qu'il sera à elle, qu'il l'est déjà d'ailleurs. Qu'il faut qu'elle le sache, qu'elle le croit, qu'elle lui fasse confiance.

Elle lui dit qu'elle est sienne, que ce collier de cuir elle en a envie, envie d'être liée comme ça pour la première fois de sa vie.

"Je crois que parfois, je ferai semblant de m'éloigner un peu... ".

"... Pour que je vienne te chercher et t'attire à moi avec le collier". Cette idée lui vrille le ventre.

"Si tu le portais, là, maintenant, je t'aimanterai à moi pour t'embrasser fort, à pleine bouche, que nos langues s'enroulent pour toujours
".

Imaginer qu'elle portera un jour ce collier, être certain de son côté que bientôt il y glissera ses mains, les plongent dans un trop-plein de sentiments heureux, chavirés par cette vague déferlante qui les emportent loin. Ils boivent mutuellement leurs paroles, ces mots et ces idées un peu folles, qui rendent leur évidence si forte et accroissent la certitude qu'un jour ils dormiront ensemble.

Ça fait si longtemps qu'ils sont là l'un pour l'autre.

Parfois elle se demande lorsqu'il lui manque trop, ce que sera sa vie à lui sans elle, ce que sera sa vie à elle sans lui lorsqu'elle partira, car elle sait que ça arrivera...

Mais le collier à présent, c'est elle qui le porte. Et comme ces chiens qu'on laisse attachés à un arbre sur la route de l'été, elle a vu sans comprendre son maître s'éloigner, disparaitre et l'abandonner.

lundi 20 avril 2009

Does anybody know where we're really gonna go?

Vapeur d'alcool, même pas fort, ventre vide, sueurs froides, fatigue, envies. Et cette musique qui enivre, plus que l'alcool, plus que la moiteur, plus que la fatigue. Bulles de désirs, sourire factice, sms complices mais futiles, pixels tendres mais vains. J'oublie tout. Je m'en fous. J'avoue. Cigarette, alcool, souffle out of order. Légère, où vais-je ? Nulle part. Droit dans le mur à coup sûr. Un pas à droite, un à gauche, un devant, deux en arrière. L'alcool me serre. La fumée me noie. La douleur me broie. Je n'ai jamais connu cette frayeur. Seule. Je pleure.

vendredi 17 avril 2009

Ca multiplie les cons aussi...

- Tu as pensé à moi quand ? C'était dimanche ?
- Oui, ici même, l'après-midi. Pourquoi ?
- Dimanche après-midi, je suis passé devant ton ancienne école... En arrivant au bureau lundi, j'ai recherché ton adresse. Impossible. Alors quand j'ai vu ton mail à 19h, j'étais comme un fou ! J'ai tout arrêté pour te répondre dans la seconde, pour que tu sois encore là, derrière l'écran, que tu ne partes pas du bureau avant de savoir que j'étais là, toujours au même endroit.
- Marrant... J'ai pensé à toi dimanche parce que je me disais que le net avait changé. Que j'avais eu de la chance il y a des années de rencontrer des gens qui avaient compté ou qui comptaient toujours, des hommes qui ne pensaient pas uniquement à consommer puis à jeter. Aujourd'hui, je ne crois plus que ce soit possible. En tous cas, c'est l'impression que j'en ai.
- Normal, tout le monde s'y est mis. Ça multiplie forcément les cons aussi.
- On se connait depuis quand nous deux ?
- Sept ans. Et ça fait trois ans qu'on ne s'est pas vu. Je crois savoir pourquoi...
- Ah ? Dis.
- Non... Enfin si... En tous cas ce que je sais, c'est que je suis toujours aussi bien, là, en face de toi.
- Tu es devenu sage ?
- Eh non... Je crois que je n'y arriverai pas. Ça m'entraîne pourtant dans des histoires incroyables. Comme à Istanbul, où je me suis retrouvé à dîner dans une famille musulmane, avec les parents de cette fille que je voyais lors de mes déplacements pendant quelques mois.
- Tu caches toujours la vérité aux femmes que tu rencontres ?
- Oui. Il n'y a que toi qui sait ce dont je suis capable. Et je suis capable du pire. Tu te souviens de ce que je t'ai dit ?
- Oui...
- C'est peut-être pour ça que je ne vais pas si bien depuis trois ans. Je n'ai jamais plus avoué ma part d'ombre...
- Pourquoi à moi ?
- Je ne sais pas. C'était naturel de te le dire. Je me sens moi avec toi, c'est peut-être pour ça. Et quoi que je te raconte de mes ignominies, même si tu détestes ce que je suis et que tu le dis, que tu es mon exact contraire, tu continues à me sourire.
- Sans doute parce que tu finis toujours par dire que tu n'es pas quelqu'un d'intéressant, que tu n'as rien à dire, que ton intérieur est vide. C'est paradoxal mais ça me touche et d'une certaine manière j'imagine que ça me rend unique à tes yeux.
- Pourtant tu sais que je suis un jeune con, que je n'aime pas les gens, qu'ils ne m'intéressent pas, que je suis capable de les trahir.
- Oui, c'est ce que tu dis... Pourtant, moins de 12h après mon mail et après trois ans de silence, tu es là. Tu as même fait le trajet pour me voir.
- Je crois que je vais continuer mes conneries jusqu'à ce que je ne puisse plus les faire... Parce que ça m'amuse, parce que c'est comme ça que je vais bien... Ça va s'arrêter quand tu crois ?
- Quand tu seras vieux et que tu ne pourras plus... Ou alors quand quelque chose de bien hard te tombera sur la gueule et que tu morfleras. Ça va arriver, t'en fais pas.
- Tu rentres quand de vacances ?
- Jeudi. Tu rentres quand de Lisbonne ?
- Samedi. Reviens vite...
- Toi aussi...

mercredi 8 avril 2009

08/04

Six mois plus tard, même endroit, même douleurs, même jardin dévasté.
Six mois plus tard, à regarder encore par cette fenêtre, les poumons à nouveau malmenés, les arbres toujours arrachés.
Six mois plus tard, retour à la case départ, comme si j'avais stagné, pourtant tout a changé.
Six mois plus tard, je suis toujours là, tu n'y es pas, je ne sais plus rien de toi.


Mark Lanegan - I'll Take Care Of You
tilidom.com

vendredi 3 avril 2009

Another soul lost in the dark

Croire une fois encore à l'évidence si forte, si grande.
Et sans plus rien se dire, sentir que quelque part dans Paris cette nuit, quelqu'un que je connais si bien, si peu, écoute ces notes là en même temps que moi.
Et sans plus rien retenir, voir les gouttes qui se crashent et qui dégoulinent sur le volant de la Clio positionnée en automatique, l'esprit en roue libre, les regrets au parking, un trou béant dans la poitrine.

mercredi 1 avril 2009

Wabi-sabi

Rien d'autre à dire. Juste beau.

samedi 28 mars 2009

28/03

J'ai les yeux explosés comme des billes, des étincelles qui me déchirent la rétine. Je suis allergique à la dihydroergotamine, cette chienne qui me fait gonfler comme un poisson bulle. T'es plus là pour me dire de rentrer chez moi et puis, j'y suis déjà. T'es plus là pour savoir ce qu'il y a dans ma tête à ce moment là, vu que t'as la même chose que moi. Fuck, il fait beau dehors, ça m'arrache le cortex. Fuck encore, pourquoi a-t-il fallu que je vomisse d'aller te faire voir ailleurs ?

jeudi 26 mars 2009

26/03

Tu voulais des nouvelles et que je parle... Voilà qui est fait. Je ne suis pas sure que tu aimes ce que je dis... Tant pis. La faute à ma nuit blanche, au spleen qui est là quand j'ai peu dormi, beaucoup bu, trop embrassé mais peu aimé. Tu me manques aussi.

lundi 23 mars 2009

Quand l'écho s'arrête...

toi : café, pain de mie, jus d'orange et... je ne sais plus.
moi : café, cigarette, chez moi à regarder par la fenêtre en écoutant My Bloody Valentine, détestant ce que tu es, aimant ce que tu étais, imaginant ce que seront nos vies demain quand j'aurai fait ce que je dois faire ce matin.

toi : angoissé, perdu et... je ne sais plus.
moi : triste, déçue, fière d'être ce que je suis.

toi : penseras à moi. Longtemps. Sûrement.
moi : ne penserai plus à toi. Demain. Assurément.

vendredi 20 mars 2009

20/03

Un premier tag, c'est un peu comme une première fois : flippant et émouvant.

J'ai donc été taguée par Bougrenette. Le résultat est là. Flippant : le hasard me va comme un gant. On dirait un LP de pop anglaise. Émouvant : comme la photo de cette fille cheveux au vent.


Je ne tague pas en retour. Ceux qui passent ici et qui le veulent se tagueront eux-mêmes. Je sais, c'est pas le jeu ma pauv' Lucette, mais tant pis, c'est comme ça ici. C'est rapide, amusant et pas prise de tête ce tag, vraiment. Je vais peut-être même en refaire un, tiens ! Rien ne l'interdit dans le mode d'emploi, que, comme une brave fille que je suis, je vous recopie ici :

1- On va sur Wikipedia. On choisit « random article » ou « un article au hasard ». Le premier article qui sort c'est le nom de ton groupe.

2- On va sur la page des citations (Wikiquote) et on choisit « random page » ou « page au hasard ». Les derniers mots de la dernière citation de la page sont le titre de ton premier album.

3- On va sur Flickr et on clique sur « explore the last seven days » ou « 7 derniers jours » et la 3e image, quelle qu'elle soit, sera la pochette de ton album.

4- Un petit logiciel de traitement des photos qui va bien ( ici ) ou un bon vieux photoshop, pour en final coller les mots sur la photo !

mercredi 18 mars 2009

18/03

Si se battre pour sa vie ressemblait à ça chaque matin, je serai samouraï.
Si aller chercher du pain avait un air voisin, je ferai la queue tous les matins.
Si prendre le train avait même un rapport lointain, je ferai Paris-Marseille tous les jours.
Et pour avoir Oren Lavie près de moi dans mon lit, je change mon king-size aujourd'hui.

mardi 17 mars 2009

17/03

"... On déjeune toujours ensemble demain ? Je prendrai de quoi écrire. Je veux vraiment qu'on rédige ce "pacte de non-agression" et qu'on le respecte cette fois, sinon on n'y arrivera pas ! Et si l'un de nous crève encore d'envie d'embrasser l'autre, on conviendra d'un mot hors contexte qui préviendra..."
Que c'est mignon à cet âge là !!!

lundi 16 mars 2009

16/03

Il y a des musiques qu'on connait ou qu'on découvre et dont on se dit qu'il faut éviter, à tout prix, de les associer à un moment, à un lieu, à quelqu'un. Ce serait dangereux, trop dangereux, dur, très dur. On les entend, on sourit, on est content de leur avoir échappé. Mais parfois, on a beau faire, on a beau dire, ça nous agrippe, nous 'crochette', on est pris en traitre. On se laisse faire. Et là, c'est foutu, ça ne partira plus, on est porteur du virus, pas d'anticorps suffisant, quelques notes et l'infection reprend. J'ai l'impression d'en avoir une cargaison que les dockers de mon cœur déchargent sans précaution. J'aurai au moins échappé à celle-là. C'est déjà ça.

Tom Waits - Alice
tilidom.com

jeudi 12 mars 2009

12/03

Je voulais réfléchir dans mon lit, dans le noir, mais je me suis endormie comme un loir. Inhabituel dans la marée blanche de mes nuits. Je voulais réfléchir à ce qu'on m'a dit hier soir.
Deux femmes qui ne se connaissent pas, m'ont dit sensiblement la même chose à quelques semaines d'intervalle. La première ne sait rien de moi, rien de ma vie, ni de ce qui me noie. Elle m'a dit après avoir lu ce que j'écrivai ce jour là : "C'est la première page d'un roman, ça... ".
La seconde me connait un peu, sait quelques bribes de mon mal et m'a dit justement hier soir : "C'est incroyable, tu devrais écrire cette histoire, une nouvelle, quelques pages". Je voulais y réfléchir après qu'elle soit partie, pas comme un exorsisme ou une thérapie, rien à voir. Juste en pensant qu'il n'y avait peut-être que les mots écrits qui rendraient enfin crédible ce que je vis.
Et puis cet après-midi j'ai lu ces lignes et je me dis que jamais je n'écrirai ces années de ma vie.

mercredi 11 mars 2009

Les clés de chez toi

Un jour il m'a dit : "Prends les clés de chez moi et viens me réveiller un soir quand tu voudras". Il est tard, je ne dors pas. Je prends les clés, mon imper et de quoi le réveiller en douceur. Quelques quarts d’heure plus tard, j’entre en silence, il fait noir. Sur le sol, je laisse tomber un à un mes vêtements, pendant que l’huile se liquéfie lentement dans une coupelle chauffée par cette bougie allumée dans le noir complet. L’huile est tiède à présent. J’enduis mes mains et tout mon corps de ce liquide épais et odorant. Il est couché sur le dos, nu au dessus des draps comme je l’avais prévu. J’effleure son torse de mes seins, son ventre du mien. Mes cuisses glissent le long de ses jambes et je m’allonge sur lui. Il bouge à peine. Je frôle tout son corps dans de lents va-et-vient, rendant sa peau aussi chaude et glissante que la mienne…

J’ai senti le premier contact au milieu de mon rêve, une sensation chaude et glissante, un léger frottement de peau sur ma peau … Je rêve encore ou pas … J'attends, je m’interroge … Les frottements s’intensifient peu à peu et une odeur de cannelle vient effleurer mes narines … Je commence à sentir la raideur de mon sexe, transpercer mon sommeil … Je sens à présent un téton érectile se promener comme une plume sur ma peau et descendre le long de mon bras puis de ma cuisse et se rapprocher dangereusement de ma queue … La sensation est divine, toute en frissons, en légèreté … Je suis réveillé à présent c’est certain … Je perçois un souffle à l’orée de mon corps, une chaleur sourde commence à monter de mes entrailles …

Caresser tout son corps de mes seins, glisser ma bouche contre son oreille, mes lèvres dans son cou et mes mains le long de ses cuisses me fait frissonner malgré la chaleur qui se dégage maintenant de nos deux corps brillants. Il fait semblant de dormir, c’est évident, mais sa raideur le trahit et m’invite ardemment à l’engloutir. Mes hanches le cherchent, mon sexe le trouve et d’un seul mouvement de reins, je le prends en moi, raide et puissant, dur et brûlant.

Elle s’est empalée sur moi avec son sexe humide et gourmand, à présent elle ondule du bassin et de la croupe. A travers l’ombre de mes paupières, j’imagine la silhouette de ses seins se balancer et danser sous mon nez, je me force à ne pas bouger à ne rien laisser paraître, à garder les yeux clos mais le plaisir qui monte m’invite à abandonner mon rôle d’endormi … Elle cadence de plus en plus vite, son sexe coule littéralement le long de ma hampe et sa main caresse mon entrejambe par l’arrière, je sens même son doigt se faufiler plus loin que raisonnable, ça m’excite, je serre les dents et mes mains maltraitent les draps pour ne pas gémir … de plaisir.

Je sais qu’il ne résiste pas aux caresses que je lui inflige et si je continue encore un peu, il va jouir. Ce réveil serait alors trop court pour la faim que j’ai de son corps cette nuit. J’abandonne sa zone érogène fétiche et me penche sur lui, plaque ma poitrine contre son torse et poursuis mes va et vient fébriles. Envie de lui encore longtemps, envie qu’il se réveille, envie qu’il participe maintenant à cette danse sauvage et sensuelle. Et comme si mes pensées l’avaient atteint, ses mains plaquent mes hanches contre son bassin, ses reins se cambrent, ses paupières s’ouvrent enfin et notre plaisir commun attise la lueur de ses yeux dans les miens.

« Excusez-moi, monsieur… s’il vous plait… vous désirez du saumon en papillote ou de l’agneau rôti pour le repas ? ». Je la regarde interloqué… Elle est en tenue d’hôtesse de l’air et attend visiblement quelque chose de moi… Tout me revient à l’esprit… Ce n’était qu’un rêve... Je me suis assoupi dans cet avion. « Saumon s’il vous plait... ». Je tourne la tête et ma voisine de siège est là, son regard émeraude plongé dans un bouquin de poche style policier « Les clés de chez moi… », elle lève les yeux et m’adresse un sourire timide… J’ai des fourmis dans les jambes…

Luz / P_o_L

Photo : Stacey Charter

lundi 9 mars 2009

09/03

Bilan d'une semaine dernière qu'on pourrait croire pleine. Une fourrière à 300€ lundi, un séminaire, des bouffes de grand hôtel, équitation jeudi, deux pannes d'oreillers dans la semaine, une nuit de sexe intense sans lendemain, départ au petit matin, des échanges de mails qui remplissent le vide des siens, un dimanche câlin mais vain. Je reste inerte et stérile, une cicatrice à gauche des seins. Je sais ce qu'il faudrait que je fasse mais je ne fais rien. C'est bien la première fois que je manque de couilles. J'aime les hommes qui pleurent, ceux qui ont peur. Mais des couilles j'en veux plus, je les rends. Qui les prend ?

mercredi 25 février 2009

25/02

Trois mois et je me réveille encore en sursaut dans la nuit, une seule pensée dans la tête, lui.
Trois mois et je tremble à chaque fois que j'ouvre cette boîte mail.
Trois mois et je pense qu'il faut que je considère que les fantômes restent enfin au cimetière.
Trois mois et j'ai peur de fermer la parenthèse, de mettre un point final à des mots éphémères, des émotions précaires.
Trois mois et j'étouffe d'une violence silencieuse, d'une lâcheté criante, d'une douceur sinueuse.
Trois mois et je perds le sens de l'air, du rire, de l'envie mais pas du manque de lui.
Je voudrais qu'on m'enlève le cortex, que le vent aspire jusqu'au moindre résidu de lui, qu'il avale ce mur de poussière qui m'interdit de voir (ce) qui est derrière.

lundi 23 février 2009

Regarde-moi dans les cieux - 2/2

Sa main continue de décrire de lents va et vient sur ma queue avec la complicité de cette couverture aux couleurs de la compagnie aérienne et ses yeux et sa bouche continuent de me déguster, par petites touches… Je ne tiens plus, j’ai envie d’elle, je lui propose de rejoindre les toilettes, le long courrier est calme quasiment tout le monde dort… Ses yeux s’illuminent en signe d’assentiment, je me reboutonne et me lève tant bien que mal en direction des toilettes de la « first class ». La voie est dégagée, le coté furieusement érotique et interdit de la scène font naître en moi de puissantes poussées d’adrénaline. Je referme la porte sans tirer le loquet. Au bout de quelques secondes, j’entends des pas feutrés et la porte s’ouvre lentement. Elle est assez petite, mince avec de beaux seins tendus et un visage pétillant et des yeux… Mon Dieu… Je l’enlace en la parcourant de mes mains, le long de son échine, sur ses fesses, sur la courbure de sa poitrine, je la respire, goûte avec mes lèvres la douceur de sa peau… Et commence doucement à faire glisser son haut et son soutien gorge, je découvre alors 2 somptueux seins blancs, que je m’empresse d’embrasser, de cajoler et de sucer, elle pousse quelques longs soupirs qui me font dire qu’elle ne regrette pas cette petite escapade. Je n’en peux plus d’excitation, je vais exploser mon jean et mon boxer, elle doit le sentir car elle s’extirpe doucement de mes caresses et s’accroupit devant moi en me déboutonnant le pantalon…

Sa bouche qui suce mes seins m’a rendu folle et m’a donné terriblement envie de sa main entre mes cuisses. Pourquoi n’a-t-il pas exploré mon string mouillé ? Il a bien fait finalement de ne pas me caresser tout de suite. Cette frustration là est si excitante, si enivrante. Elle génère une envie démesurée de lui, attisée par l’étroitesse de l’endroit où je me trouve, gonflée par la peur de se faire surprendre à deux, dans ce lieu en plein cieux. Son sexe que j’ai lentement et longuement branlé tout à l’heure, je veux en connaître le goût, je veux le faire durcir encore, je veux lui faire subir en plus fort, le tourment capiteux qu’il m’a infligé il y a quelques secondes encore. Il est à ma portée désormais, plus de jean, plus de boxer, rien que sa queue nue tendue vers ma bouche. Ma langue gourmande pique d’abord la goutte qui perle au bout de son gland et le lèche ensuite comme une glace italienne, l’enroulant lascivement, le dévorant méthodiquement. Entre ma bouche qui le suce, ma main droite qui accompagne mes lèvres et la gauche qui pétrit ses fesses musclées, je sens qu’il est comme moi, dingue de désir, fou d’envies, avide d’exploser tous nos sens. Je sens sa queue qui gonfle comme une voile en pleine mer, j’entends son souffle qui s’accélère et je l’abandonne là, remontant lentement le long de son corps que mes mains dénudent en retirant ce t-shirt, dernière barrière entre la peau chaude de son torse et la mienne chauffée à blanc.

Je n’en peux plus, je fais coulisser son pantalon et son string dans la foulée, j’hésite un instant à goûter son sexe de ma bouche mais l’envie de la pénétrer est trop forte, je la retourne doucement et appuie ses mains contre le miroir du lavabo en la regardant par le biais de cet excitant reflet. Elle se cambre un peu faisant encore ressortir ses fesses, je guide lentement ma queue de la naissance de celles-ci à son sexe détrempé, et m’enfonce d’un coup de rein en elle. Un éclair de plaisir me traverse l’échine, c’est chaud, c’est mouillé, c’est trop bon… Son intérieur m’enserre juste comme il faut, comme si elle avait été moulé pour moi… Je sens déjà les prémisses de la jouissance entre mes jambes… Ma queue me semble avoir doublé de volume tellement cette fille me fait bander et m’excite… Je commence lentement à aller et venir en elle, en caressant ses cheveux, son dos, ses seins, cette peau dont le parfum me rend à moitié dingue… Et je ne la quitte pas du regard à travers cet improbable miroir des toilettes exigües de cet airbus. Je sens mes bourses prêtes à exploser. Je ne vais pas tenir longtemps, c’est sûr... Elle aussi je crois, elle soupire et gémit déjà…

“The more we fly, the more we climb, the more we know, that heaven is a lie... Yeah”


Que c'est bon de le sentir en moi... Je n'en pouvais plus tellement j'avais envie qu'il me prenne... C'est fou, sa queue est faite pour moi ! C'est une sensation délectable de sentir parfois que les anatomies sont telles qu’elles sont comparables à un moulage et son empreinte. C'est un peu comme si nous avions déjà l'habitude de nous, comme si ma chatte avait déjà connu sa queue ou peut-être l’inverse… Ses yeux qui ne lâchent pas les miens m'excitent et me font couler plus que ces va et vient... Ses mains qui me parcourent à l'unisson de son plaisir qui monte, m'affolent et me déchaînent, je le veux encore plus fort, encore plus loin. Je sens mes reins qui instinctivement se cambrent, mes fesses qui se jettent à la rencontre de son sexe ardent... Je ne veux pas que ça s'arrête... Vite, ralentir le rythme pour faire durer l'étreinte.... Mais il ne l'entend pas comme ça visiblement ! Je sens ses mains qui puissamment saisissent mes hanches, je sens ses reins accélérer la danse, je sens ses doigts glisser vers mon ventre... Qu’il frôle mon clitoris et je vais défaillir dans l’instant... Je le vois fermer les yeux dans le reflet du miroir, je sens son ventre qui plaque violemment mes fesses, ses doigts qui me cherchent… Et nos jouissances pressurisées comme l’air ambiant de ce jet, qui s’appellent, se rejoignent et se libèrent enfin.

… Je me suis éveillé au milieu de la nuit, sans doute à cause du décalage horaire, j’entendais la symphonie des grenouilles tropicales à travers la moiteur de la nuit. J’ai déplié mon bras et suis tombé sur son corps nu, alanguit d’un profond sommeil. Tout m’est revenu d’un bloc… Le voyage mouvementé en avion, notre arrivée à l’aéroport, notre incapacité à nous séparer et cette nuit de sexe, de sensualité, de fusion de corps et de complicité d’esprit… Un sourire m’est venu automatiquement sur le visage…

Don't be shy, say goodbye, let's find out, If heaven is a lie... Never let me go, 'cause I'll never let you fall …”

Ses mains à lui, Luz
Ses mains à elle, les miennes.


Ghinzu - Cockpit Inferno
tilidom.com

vendredi 20 février 2009

21/02

13, 14, 14, 13... Le nombre des cigarettes que je m'astreins à respecter depuis quatre jours. Je fais des bâtons sur le paquet à chaque fois que j'en prends une. Ridicule... Je me subterfuge moi-même pour éviter d'en griller. Et je clame à qui veut l'entendre que c'est encore un jour de gagné. Ridicule, vraiment ! Changer ce mot de passe devient urgent. Des initiales, une date... Ridicule n'est pas assez fort. Pitoyablement ridicule serait sûrement plus vrai.
"Oui, je suis là. Oui, j'ai eu tes mails". Pas un mot de plus. Ridicule cette réponse laconique que j'ai faite... Ridicule, idiote et puérile. Ridiculement puérile, comme moi, qui n'arrive pas à décrocher, qui n'arrive pas à me sevrer, de lui, de la clope, de ce "nous" fantasmé. Je suis une tox de la nicotine, des émotions frelatées, des sentiments viciés.

Regarde-moi dans les cieux - 1/2

Je me suis retrouvé assis dans un vaste fauteuil de la première classe, moi qui avais l’habitude de la classe éco et de ces sièges en rang serré. Les hôtesses s’affairaient pour diriger et installer les passagers dans cet espace un peu à part, feutré. Elle est venue s’asseoir au siège voisin et la première chose que j’ai remarqué ce sont ces 2 magnifiques yeux verts et son joli sourire à mon intention. Onze heures de vol et j’étais tombé sur une voisine des plus charmantes. J’ai engagé la conversation, sur notre destination, le soleil, la mer d’émeraude qui nous attendait et toutes les banalités d’usage… J’étais troublé par son regard et sa voix douce et puis elle n’arrêtait pas de me sourire. Elle me parlait un peu de sa rupture récente et de son envie de ne pas se prendre la tête et de profiter de la vie, je lui racontais comment j’avais gagné ce voyage à cet improbable jeu sur internet. J’ai appelé l’hôtesse pour commander une bouteille de champagne. L’avion venait d’atteindre son altitude de croisière et je m’étais à peine aperçu du décollage tant je me régalais de nager dans les eaux colorées de ma voisine… L’alcool commençait à faire son effet et déjà je me sentais des velléités pour lui caresser doucement la main… Elle avait l’air de ne pas s’en plaindre… Au contraire je sentais par moment la pression et la soie de ses doigts.

Il est en train de me caresser la main et je ne m’en défends pas. Je me surprends même à jouer de ses doigts. Comment se fait-il que je sois si à l’aise ? Le champagne, assurément. J’adore les bulles, la saveur, l’amertume. Le champagne a sur moi un pouvoir aphrodisiaque puissant, me désinhibe vraiment. Sa main est fine, ses doigts souples. Une main de pianiste, de guitariste ? Et si je le lui demandais ? J’aurai peut-être l’air moins décérébré que ce que je donne à penser avec mon sourire niais et mes yeux qui pétillent désormais. Ses yeux, tiens c’est curieux, c’est ce que j’ai remarqué en premier chez lui. Normal, il était assis… D’où est-il déjà ? Ah oui, de Montpellier, c’est ça… La vie est tellement étonnante parfois. Je suis abonnée à la loose dans chaque trajet que je fais, dans chaque objet que j’achète. Toujours un problème. Mais aujourd’hui le surbooking des compagnies aériennes me fait m’asseoir en première classe à côté de ce mec seul et mignon, qui en moins d’une heure me charme, m’offre de partager son champagne, excite la peau de ma main qui par capillarité nerveuse, électrise le bout de mes seins…. Onze heures de vol… Décidément j’aime son allure, la chaleur qui se dégage de son corps… Onze heures de vol… On a le temps. Enfin oui, mais non en même temps… J’ai envie que la sensualité du champagne nous porte avant qu’elle ne s’évapore... ‘Jet-Sex’. Dans ma tête les premières notes ! Et si je me penchais pour lui souffler à l’oreille ces deux vers : « Sex turbulences, seats D and B, we drop our love bomb full of C » ?

Il va falloir qu’elle arrête de me regarder comme ça et de me caresser la main, sinon je vais lui sauter dessus, là, sur le siège, tant pis pour la déontologie aérienne et les hôtesses. Son corps me semble tout à fait à mon goût, avec ses belles fesses rondes matées l’espace d’un éclair à son arrivée et ses seins pleins dont j’aperçois par moment la naissance dans l’échancrure de son col. En plus, elle me fredonne un morceau de ce groupe belge que j’adore, Ghinzu – « jet sex ». « Here's the time for us to know, the secret sky for us to go, you’ve never been before, Oh no…».
La nuit commence à tomber dans la cabine, l’horizon se fait rouge sang par le hublot, et notre deuxième bouteille de champagne tombe sur la moquette épaisse, vide… Nos voisins dorment déjà avec leur bandeau sur les yeux et les hôtesses ont disparu de la circulation, tout est calme… Le film qui passe sur le dossier de devant me parait à des années lumière… Je commence à être très à l’étroit dans mon boxer… Elle me demande si je n’ai pas froid… Je lui réponds naïvement que non vu l’atmosphère… Mais elle me met doucement une couverture dessus et ne tarde pas à plonger sa main dessous… « Above the clouds, above them all, we draw the lines with smoke and coke, but you want some more …»

Est-ce qu’il me répond qu’il n’a pas froid parce qu’il n’a pas envie que je le caresse ou est-ce qu’il est juste déstabilisé ? Une seule façon de le savoir : le toucher, le frôler, prendre la température de son boxer, glisser ma main sous la couverture. Apparemment il n’est pas si déstabilisé que ça mon charmant compagnon de cabine ! Ma main qui glisse sur la couverture, il l’attrape au vol et la plaque sur la délicieuse raideur que je sens maintenant entre ses cuisses. Il bande, il soupire, j’ai envie de lui. Je me tourne à demi ; mes seins lourds et tendus aimantent son épaule, je continue les caresses à travers la toile denim et je vois son torse se soulever au rythme de sa respiration qui s’agite. Un à un les boutons du jean s’évanouissent et c’est son gland humide et brûlant que je sens forcer le haut du boxer et se libérer de cette emprise élastique. Mes doigts l’enserrent doucement, il tourne la tête et je devine dans la pénombre de la cabine qu’il plonge ses yeux dans les miens. Je prends ses lèvres qui s’approchent, je sens sa langue qui s’enroule. Nous sommes dans une bulle électrique au milieu de tous ces gens. Aucun doute n’est plus permis, nous sommes lancés sans parachute. « A jumbo jet, just you and me, no parachute, it's pilot free », c’est ce qu’il me chantonne à l’oreille quand nos langues ont cessé de se prendre. Il connait comme moi cette chanson par cœur, c’est un vrai délice, un vrai bonheur, une complicité rapide et étonnante dont je savoure les vibrations qu’elle fait naître dans mon ventre. (suite)

Ses mains à lui, Luz.
Ses mains à elle, les miennes.


Ghinzu - Jet Sex
tilidom.com

mardi 17 février 2009

17/02

"Tu n'es pas un plan sexuel, tu es un plan humain". Décidément, il a le sens de la formule ce garçon... Vais-je lui dire oui à lui aussi ? Pourquoi pas, pourquoi non ? En ce moment, je dis oui à tout. A n'importe quoi surtout. Oui à Milan, oui à ce mec de 33 ans qui veut co-locater chez moi un moment, oui à celui qui était destiné à n'être qu'un ami et qui s'est retrouvé dans mon lit. Je dis oui c'est moins d'énergie. Non c'est plus gourmand en calories. Je m'endors presque sur l'écran. Putain de virtuel de merde, ça aussi va falloir que j'arrête.

vendredi 13 février 2009

13/02

Puisque je n'écris rien depuis deux semaines, ni désir, ni douleur, je viens de décider de remplir ce blog version journal de bord.

Dimanche : pensées au bord de la nausée. Je sombre, je le sais. J'en reconnais chaque symptôme, chaque gorgée avalée. Depuis des jours, invariablement la même réponse à chaque question posée : "je ne sais pas, je ne sais pas". Et pleurer, pleurer encore comme pour régurgiter les tasses avalées.

Lundi : j'ai appelé le toubib qui m'a sauvée quand je me noyais entre deux rives, quinze ans en arrière. Répondeur. Pas laissé de message, pas rappelé... mais ça doit aller mieux puisque l'appel je l'ai passé.

Jeudi : Ça semble se confirmer. "Tu es redevenue rayonnante et solaire" me dit-on dans l'ascenseur alors que je collapse à l'intérieur... Y a comme un bug que je ne parviens pas à identifier, un grand écart pour lequel je n'ai plus la souplesse appropriée.

Je gère des millions, des centaines de gens, je pourrais réorganiser le trafic du Port de Marseille s'il le fallait, mais je suis incapable de canaliser ce qu'il y a à l'intérieur. Encore un bug, un grand écart destructeur.

On m'a dit hier : "Sauf si on est suicidaire, pourquoi se laisser sombrer puisqu'il faudra bien remonter ?". Logique simpliste mais implacable logique. C'est con, mais ça m'a marquée.

Je n'écoute plus de musique depuis deux semaines. C'est grave docteur ? Non, c'est que vous allez mieux. Écrire "ça va mieux" à chaque ligne, ça veut dire quoi Monsieur ? Rien, c'est juste une méthode, celle de mon confrère Monsieur Coué.